Impôt sur les sociétés : taux 2026 en France

Impôt sur les sociétés : taux 2026 en France
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Impôt sur les sociétés : taux 2026 en France
Nicolas Planard
Avocat fondateur
18.09.2026
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Avocat fiscaliste, Nicolas accompagne les dirigeants et entrepreneurs dans la structuration et l'optimisation de leur patrimoine professionnel et personnel.
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La question du taux applicable à l'impôt sur les sociétés revient à chaque clôture d'exercice, et elle conditionne directement la trésorerie disponible pour investir, distribuer ou réinvestir. Un dirigeant de PME qui réalise 90 000 euros de bénéfice ne sera pas imposé au même taux qu'une société qui n'a pas verrouillé la détention de son capital, alors que les deux réalisent le même résultat. Ce guide détaille le taux normal de l'impôt sur les sociétés applicable en 2026, le taux réduit de 15 % réservé aux PME, les conditions strictes qui l'ouvrent, et les contributions additionnelles qui viennent, pour certaines structures, s'ajouter à l'IS de base.

Par Nicolas Planard, Avocat au Barreau de Paris

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés en 2026 : 25 %

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés s'établit à 25 % du bénéfice fiscal. Ce taux constitue l'aboutissement de la trajectoire de baisse engagée par la loi de finances pour 2018 (loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017), qui a fait passer l'IS de 33,1/3 % à 25 % par paliers successifs. Depuis les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2022, ce taux de 25 % s'applique à l'intégralité du bénéfice imposable, sans plafond ni palier intermédiaire pour le taux normal.

Aucune disposition n'est venue modifier ce taux de référence pour 2026. Le taux IS 2026 reste donc fixé à 25 % pour la très grande majorité des sociétés soumises à cet impôt : sociétés anonymes (SA), sociétés par actions simplifiées (SAS), sociétés à responsabilité limitée (SARL) ayant opté ou soumises de plein droit à l'IS, sociétés en commandite par actions, ainsi que les structures ayant exercé une option pour l'IS (SNC, société civile, EURL détenue par une personne physique, entrepreneur individuel ayant opté).

Il faut bien comprendre ce que recouvre l'assiette. L'IS ne frappe pas le chiffre d'affaires, mais le résultat fiscal, c'est-à-dire le résultat comptable retraité des réintégrations et déductions extra-comptables prévues par le code général des impôts (CGI). Une société peut ainsi afficher un chiffre d'affaires élevé et un résultat fiscal nul, voire déficitaire, auquel cas aucun IS n'est dû au titre de l'exercice. À l'inverse, certaines charges comptabilisées ne sont pas déductibles fiscalement (amendes, certaines rémunérations, charges somptuaires), ce qui gonfle le résultat fiscal par rapport au résultat comptable.

Un taux qui reste attractif dans le contexte européen

Ramené à 25 %, le taux français d'impôt sur les sociétés s'est rapproché de la moyenne des États membres de l'Union européenne. Cette convergence a été un objectif assumé des réformes successives, dans une logique de compétitivité de la fiscalité des entreprises en France. Pour les entrepreneurs en croissance que nous accompagnons, cette stabilité du taux normal constitue un point d'ancrage utile dans la modélisation financière d'une levée de fonds ou d'un plan d'acquisition, car elle permet de projeter la charge fiscale future sans anticiper de rupture réglementaire.

Le taux réduit de 15 % pour les PME

À côté du taux normal, le CGI maintient un taux réduit de 15 % applicable à une fraction du bénéfice des petites et moyennes entreprises. Ce dispositif, codifié à l'article 219, I, b du CGI, constitue un avantage réel mais encadré par des conditions cumulatives strictes. Beaucoup de dirigeants pensent en bénéficier automatiquement dès lors que leur société est « petite » : c'est une erreur fréquente qui peut coûter cher en cas de contrôle.

Les conditions cumulatives d'accès au taux réduit

Pour bénéficier du taux de 15 %, trois conditions doivent être réunies simultanément :

  • un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros au titre de l'exercice concerné (seuil relevé de 7 630 000 euros à 10 000 000 euros par la loi de finances pour 2021, pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021) ;
  • un capital entièrement libéré à la clôture de l'exercice, c'est-à-dire intégralement versé par les associés ;
  • une détention du capital à hauteur d'au moins 75 %, de manière continue, par des personnes physiques (ou par une société elle-même détenue à 75 % au moins par des personnes physiques).

La condition de détention est celle qui piège le plus souvent les structures en développement. Prenons le cas d'une société d'exploitation détenue par une holding, elle-même détenue majoritairement par une société d'investissement ou un fonds. Dès lors que la chaîne de détention ne remonte plus à 75 % au moins vers des personnes physiques, le taux réduit de 15 % est perdu, quand bien même le chiffre d'affaires resterait modeste. C'est un point à vérifier systématiquement après une levée de fonds ou l'entrée d'un investisseur institutionnel au capital.

L'assiette du taux réduit : les 42 500 premiers euros de bénéfice

Le taux réduit ne s'applique pas à l'intégralité du bénéfice, mais uniquement à sa première tranche, plafonnée à 42 500 euros par période de douze mois. Ce plafond a été porté de 38 120 euros à 42 500 euros par la loi de finances pour 2023 (loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022), pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2022. Au-delà de 42 500 euros de bénéfice, la fraction excédentaire est imposée au taux normal de 25 %.

Concrètement, une PME éligible qui dégage 42 500 euros de bénéfice ou moins acquitte un IS calculé intégralement à 15 %. Une PME éligible qui dépasse ce seuil applique deux taux successifs : 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 % sur le reste. Ce mécanisme de « barème par tranche » n'existe que pour les sociétés éligibles au taux réduit ; les autres sont imposées à 25 % dès le premier euro de bénéfice.

Les contributions additionnelles à l'impôt sur les sociétés

L'IS calculé au taux normal ou réduit n'est pas toujours la seule charge fiscale assise sur le bénéfice. Deux contributions additionnelles peuvent s'y superposer pour les entreprises de taille significative, ce qui modifie sensiblement le taux effectif d'imposition.

La contribution sociale sur l'IS de 3,3 %

Codifiée à l'article 235 ter ZC du CGI, la contribution sociale sur l'IS est due par les entreprises réalisant un chiffre d'affaires hors taxes égal ou supérieur à 7 630 000 euros. Son taux est de 3,3 %, mais elle n'est assise que sur la fraction de l'IS de référence excédant un abattement de 763 000 euros. En pratique, cette contribution ne concerne donc que les sociétés dont l'IS dépasse ce seuil, ce qui suppose un bénéfice fiscal élevé.

Pour une société soumise à cette contribution, le taux effectif d'imposition du bénéfice grimpe au-delà de 25 %, puisque la contribution de 3,3 % vient s'ajouter à l'IS de base sur la partie excédentaire. Les PME éligibles au taux réduit de 15 % en sont, par construction, exonérées, leur chiffre d'affaires restant sous le seuil de déclenchement.

La contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises

La loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a instauré une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, visant les sociétés réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à 1 milliard d'euros. Cette contribution, assise sur une moyenne de l'IS de l'exercice et de l'exercice précédent, comportait des taux différenciés selon la tranche de chiffre d'affaires, et avait un caractère temporaire, applicable au premier exercice clos à compter du 31 décembre 2025.

Ce dispositif ne concerne qu'un nombre restreint de très grands groupes et n'a aucun impact sur les PME et ETI en croissance. Il illustre néanmoins une tendance de la fiscalité des entreprises en France à cibler ponctuellement les grandes structures par des prélèvements exceptionnels. La reconduction, l'aménagement ou la suppression de ce type de contribution pour 2026 relève des débats parlementaires sur la loi de finances : il convient de vérifier le texte définitivement adopté avant toute projection portant sur un groupe atteignant le seuil du milliard d'euros de chiffre d'affaires.

Exemples chiffrés : comment se calcule l'IS en 2026

Rien ne vaut des cas concrets pour saisir l'articulation entre taux normal et taux réduit. Les exemples suivants supposent des sociétés soumises à l'IS, avec un exercice de douze mois.

Cas d'une PME éligible au taux réduit, bénéfice de 30 000 euros. La société remplit les trois conditions (chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, capital entièrement libéré, détention à 75 % au moins par des personnes physiques). Le bénéfice étant inférieur à 42 500 euros, l'intégralité est taxée à 15 %. L'IS s'élève à 4 500 euros.

Cas d'une PME éligible, bénéfice de 100 000 euros. La première tranche de 42 500 euros est imposée à 15 %, soit 6 375 euros. Le solde de 57 500 euros est imposé à 25 %, soit 14 375 euros. L'IS total atteint 20 750 euros, ce qui correspond à un taux effectif d'environ 20,75 %.

Cas d'une société non éligible au taux réduit, bénéfice de 100 000 euros. La société est détenue par un fonds d'investissement, ce qui rompt la condition de détention à 75 % par des personnes physiques. La totalité du bénéfice est imposée au taux normal de 25 %, soit 25 000 euros d'IS. L'écart avec la PME éligible s'établit à 4 250 euros pour un même résultat, écart qui correspond exactement à l'économie procurée par le taux réduit sur la première tranche (42 500 euros × 10 points d'écart).

Cet écart de 4 250 euros par exercice, reconduit année après année, représente une somme loin d'être négligeable pour une structure en développement. Dans notre pratique, nous observons que la perte du taux réduit après une opération de haut de bilan est rarement anticipée dans le modèle financier, alors qu'elle affecte durablement la capacité d'autofinancement.

Taux nominal et taux effectif : deux notions à ne pas confondre

Le taux affiché par le CGI, 25 % ou 15 %, est un taux nominal. Le taux réellement supporté, ou taux effectif d'imposition, peut s'en écarter sensiblement, à la hausse comme à la baisse. À la hausse, lorsque les contributions additionnelles s'appliquent ou lorsque des réintégrations extra-comptables gonflent le résultat fiscal. À la baisse, lorsque la société bénéficie de crédits d'impôt (crédit d'impôt recherche, crédit d'impôt innovation) ou de régimes de faveur.

Certains flux relèvent par ailleurs de taux spécifiques. Les produits de la propriété industrielle éligibles au régime de l'article 238 du CGI (dit régime « IP box ») peuvent, sous conditions, bénéficier d'un taux réduit de 10 % sur le résultat net de cession ou de concession de certains actifs incorporels. Les plus-values à long terme sur titres de participation relèvent quant à elles d'un régime d'exonération sous réserve de la réintégration d'une quote-part de frais et charges de 12 %. Ces régimes ne modifient pas le taux normal de l'IS, mais ils illustrent le fait que le taux effectif d'une société dépend étroitement de la nature de ses revenus.

Pour un dirigeant, raisonner uniquement sur le taux nominal de 25 % conduit à des projections erronées. La bonne approche consiste à modéliser le taux effectif à partir de la structure réelle des produits et des charges de l'entreprise, en tenant compte des crédits d'impôt mobilisables et des régimes spécifiques applicables à son activité.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Trois erreurs reviennent régulièrement dans les dossiers que nous traitons, et elles ont toutes un coût fiscal direct.

La première consiste à appliquer le taux réduit sans vérifier la condition de libération du capital. Un capital souscrit mais non intégralement versé fait perdre le bénéfice du taux de 15 %. Ce point doit être contrôlé à chaque clôture, notamment après une augmentation de capital dont les fonds n'auraient pas tous été appelés.

La deuxième tient à la condition de détention après une opération de restructuration. L'interposition d'une holding, l'entrée d'un investisseur, une fusion ou un apport de titres peuvent rompre la chaîne de détention à 75 % par des personnes physiques. Il est prudent de simuler l'impact fiscal de toute opération de haut de bilan sur l'éligibilité au taux réduit avant de la réaliser.

La troisième porte sur la durée de l'exercice. Le plafond de 42 500 euros s'apprécie par période de douze mois. En cas d'exercice d'une durée différente (premier exercice, changement de date de clôture), le plafond doit être ajusté au prorata de la durée réelle de l'exercice, ce qui est souvent négligé.

Enfin, il faut rappeler que le régime de l'IS lui-même résulte d'un choix, subi ou volontaire. Certaines structures relèvent de l'impôt sur le revenu par transparence, avec ou sans option pour l'IS. Le passage à l'IS, ses conséquences sur la fiscalité des dividendes et l'articulation avec la rémunération du dirigeant constituent un arbitrage global qui dépasse la seule question du taux, et qui mérite une analyse dédiée.

Conclusion

Le paysage du taux de l'impôt sur les sociétés en 2026 reste lisible : un taux normal de 25 % pour la plupart des sociétés, et un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME qui remplissent les trois conditions cumulatives de chiffre d'affaires, de libération du capital et de détention par des personnes physiques. Ce n'est pas le taux nominal qui doit guider la décision, mais le taux effectif, une fois pris en compte les contributions additionnelles pour les grandes structures, les crédits d'impôt et les régimes spécifiques.

Mon parti pris est clair : le taux réduit de 15 % est un avantage trop souvent tenu pour acquis, alors qu'il est fragile et se perd fréquemment à l'occasion des opérations de croissance. Avant toute levée de fonds, entrée d'investisseur ou restructuration, faites simuler l'impact de l'opération sur votre éligibilité au taux réduit, et intégrez la charge d'IS effective, et non le seul taux affiché, dans votre modèle financier prévisionnel.

Questions fréquentes (FAQ)

Quel est le taux normal de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?

Le taux normal de l'IS est fixé à 25 % du bénéfice fiscal en 2026, conformément à l'article 219 du CGI. Ce taux s'applique dès le premier euro de bénéfice pour les sociétés qui ne remplissent pas les conditions du taux réduit, et à la fraction du bénéfice excédant 42 500 euros pour les PME éligibles.

Quelles conditions pour bénéficier du taux réduit d'IS à 15 % ?

Trois conditions cumulatives sont exigées : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré à la clôture, et une détention du capital à hauteur d'au moins 75 % par des personnes physiques. Le taux de 15 % ne s'applique alors qu'aux 42 500 premiers euros de bénéfice, le solde étant imposé à 25 %.

Le taux réduit de 15 % s'applique-t-il à tout le bénéfice ?

Non. Le taux de 15 % ne concerne que la première tranche de bénéfice, plafonnée à 42 500 euros par période de douze mois. La fraction du bénéfice supérieure à ce seuil est imposée au taux normal de 25 %.

Une société détenue par une holding peut-elle bénéficier du taux réduit ?

Oui, à condition que la chaîne de détention remonte à au moins 75 % vers des personnes physiques. Si la holding est elle-même détenue majoritairement par un fonds ou une société ne respectant pas ce seuil, la condition de détention n'est pas remplie et le taux réduit est perdu.

Qu'est-ce que la contribution sociale de 3,3 % sur l'IS ?

Prévue à l'article 235 ter ZC du CGI, cette contribution vise les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes atteint 7 630 000 euros. Elle est assise, au taux de 3,3 %, sur la fraction de l'IS excédant un abattement de 763 000 euros, ce qui la réserve en pratique aux sociétés dégageant un bénéfice élevé.

Comment calculer l'IS d'une PME dont le bénéfice dépasse 42 500 euros ?

L'IS se calcule en deux tranches : 15 % sur les 42 500 premiers euros, puis 25 % sur le reste. Pour un bénéfice de 100 000 euros, l'impôt s'élève à 6 375 euros (15 % de 42 500) plus 14 375 euros (25 % de 57 500), soit 20 750 euros au total.

Le taux d'IS diffère-t-il selon la forme juridique de la société ?

Non, le taux dépend du régime fiscal et non de la forme sociale. Une SAS, une SARL ou une SA soumise à l'IS applique le même barème, et une société relevant normalement de l'impôt sur le revenu peut opter pour l'IS, auquel cas elle est imposée au taux normal de 25 % ou au taux réduit de 15 % si elle en remplit les conditions.

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